Insurance in a Changing World : Quand le risque climatique remet en question le modèle assurantiel

CarbonRisk Intelligence était présent à la deuxième édition de cette conférence internationale dédiée à l'adaptation au changement climatique dans le secteur de l'assurance. Retour sur les signaux clés d'une journée qui pose la question de la survie du modèle assurantiel dans un monde à +2°C.

Une question existentielle pour le secteur assurantiel

Le secteur de l'assurance mondial fait face à une interrogation fondamentale : peut-il continuer à fonctionner dans un monde à +2°C ? C'est autour de cette thèse centrale que s'est articulée la deuxième édition d'Insurance in a Changing World, conférence internationale tenue à Londres, à laquelle CarbonRisk Intelligence a participé.

Le changement climatique n'est pas un risque parmi d'autres pour les assureurs — c'est une menace directe sur leur modèle économique. Quand les zones inassurables s'étendent, quand les actifs échoués (stranded assets) se multiplient, quand les primes deviennent inaccessibles pour les ménages et les entreprises, l'assureur perd sa raison d'être économique et sociale.

"Un assureur qui ne peut plus couvrir, c'est une économie qui ne peut plus investir."

L'assurance est l'infrastructure invisible qui conditionne l'activité économique. Sans couverture, pas de financement. Sans financement, pas d'investissement. C'est la thèse qui a structuré l'ensemble des débats de la journée.

Trois signaux concrets à retenir

1/  Les assureurs : agents de changement systémique, pas spectateurs

Les acteurs de l'assurance disposent d'un double levier d'influence unique. En tant qu'assureurs, ils décident ce qui est couvrable, et donc ce qui est finançable. En tant qu'investisseurs institutionnels gérant des milliers de milliards d'euros, ils orientent les capitaux vers les actifs de demain. David Craig, co-président du TNFD (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures), l'a affirmé sans ambiguïté : le secteur a les moyens d'être un acteur du changement systémique.

2/ L'assurance paramétrique sur les vagues de chaleur est opérationnelle

Ce qui n'était encore qu'un concept il y a quelques années est désormais déployé sur le marché : la compensation automatique au-delà d'un seuil de température. L'assurance paramétrique appliquée aux événements climatiques extrêmes entre dans sa phase opérationnelle, offrant aux entreprises et collectivités une réponse rapide et prévisible face aux risques liés à la chaleur.

3/ Les solutions fondées sur la nature : le débat le plus mature

La question du partage de valeur reste ouverte : pourquoi investir dans des actifs naturels si les concurrents en bénéficient sans contribution ? Le marché britannique avance sur la construction d'un véritable business case pour la nature, au-delà du narratif RSE. La résilience écologique doit trouver son équivalent économique pour que les investissements se concrétisent à grande échelle.

Ce que ces échanges ont confirmé pour CarbonRisk Intelligence

Notre participation à cette conférence a permis de valider une conviction de fond : la quantification carbone au niveau du sinistre répond à un besoin concret et croissant du marché assurantiel. Notre solution CarbonCar s'inscrit directement dans cette dynamique. Comprendre l'exposition environnementale réelle d'un portefeuille de sinistres, au-delà des déclarations ESG agrégées, est devenu une priorité opérationnelle pour les assureurs qui cherchent à piloter leur risque climatique avec précision.

Les échanges avec le marché britannique ont confirmé la pertinence de cette approche granulaire : les assureurs ont besoin d'une donnée carbone fiable, au niveau du sinistre individuel, pour prendre des décisions cohérentes avec leurs engagements climatiques.

Merci à The Conduit pour la qualité des échanges et l'organisation de cette édition.